Liens d'évitement



Théâtre du Capitole

Georges Bizet




Né à Paris le 25 octobre 1838, Georges Bizet grandit dans une famille vouée à la musique : son père, ancien coiffeur et perruquier, s’est reconverti dans l’enseignement du chant, et sa mère est une pianiste renommée. Son oncle François Delsarte (le frère de sa mère) est quant à lui un chanteur et théoricien célèbre dans l’Europe entière – l’un de ses sujets de prédilection fut l’œuvre lyrique de Gluck… On ne saurait imaginer meilleurs auspices sur le berceau du jeune Georges, qui montre très tôt des dispositions remarquables pour la musique. Il entre au Conservatoire de Paris à 9 ans, où il étudie le piano (avec Marmontel), l’orgue (avec Benoist) et la composition (avec Fromental Halévy – le célèbre compositeur d’opéras – La Juive – dont il épousera la fille en 1869). En 1855, Georges Bizet crée la surprise en composant une symphonie. On a du mal à imaginer que cette œuvre miraculeuse de fraîcheur, de vie, d’inventivité, a été composée par un jeune homme de 17 ans !
En 1957, c’est la consécration : il remporte le prestigieux Prix de Rome avec sa cantate Clovis et Clotilde. Il va ainsi vivre durant trois années à Rome, à la Villa Médicis, où il peut se consacrer à son art. C’est là qu’il compose son premier ouvrage lyrique, Don Procopio (1859). De retour à Paris, il se voit immédiatement passer commande d’un opéra-comique pour le Théâtre-lyrique : c’est ainsi que naissent Les Pécheurs de perles (1863), dont le succès lui vaudra une nouvelle commande : La Jolie Fille de Perth (1866), d’après le roman de Walter Scott. Est-ce pour son jeune fils Jacques qu’il compose la merveilleuse et délicate suite pour piano à quatre mains Jeux d’enfants (1873) ? Signalons, pour le plaisir de l’anecdote, que ce Jacques deviendra l’un des meilleurs amis d’un jeune écrivain promis à une grande gloire : Marcel Proust. Son dernier opéra, Djamileh (1872), librement inspiré du poème Namouna de Musset, n’ayant pas eu le succès escompté, pas plus que son Arlésienne, une musique de scène pour la pièce de Daudet (1872 également), Bizet ne se désespère pas pour autant. Quand la pièce est retirée de l’affiche du Théâtre du Vaudeville, sûr d’avoir composé là une musique exceptionnelle, il décide de lui donner une seconde chance en en tirant une Suite pour orchestre, dont le succès ne se démentira plus jamais – c’est d’ailleurs aujourd’hui encore l’un des plus grands « tubes » de Bizet, après Carmen. En 1875, il décide de quitter Paris pour s’installer à Bougival, dans les Yvelines. C’est là qu’il mettra au point son ultime opéra, Carmen, sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Le 3 mars, l’œuvre est créée et, aussi surprenant que cela puisse nous paraître aujourd’hui, elle ne rencontre qu’incompréhension de la part des critiques et du public. Le sujet et la musique en étaient, il est vrai, d’une audace assez surprenante pour l’époque, et il faudra attendre encore un peu pour que Carmen devienne le succès planétaire que l’on sait.
Bizet n’aura malheureusement pas le temps de profiter de ce succès : il décède quelques mois plus tard, dans la nuit du 2 au 3 juin 1875. Il n’avait que 36 ans.

Jean-Jacques Grolleau

Informations