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Théâtre du Capitole

Henri Sauguet




Henri Sauguet, de son vrai nom Henri Poupart, est né à Bordeaux le 18 mai 1901. Dès l’âge de cinq ans, il est initié à la musique par sa mère, Elisabeth Sauguet. C’est au sein de la maîtrise de sa paroisse qu’il découvre le plain-chant et la polyphonie. La musique d’église, et plus spécialement l’orgue, l’ont profondément marqué. Même si ses compositions religieuses ne tiennent que peu de place dans son catalogue : une Petite Messe pastorale pour deux voix et orgue (1934) et une Messe jubilatoire pour ténor, basse et quatuor à cordes (1983), il gardera toute sa vie une certaine affection pour ce genre de musique : « L’orgue ! Le rêve de ma jeune existence. Dès mon plus jeune âge, ses amples sonorités, venues des voûtes des sanctuaires qu’elles emplissaient, comme issues du ciel même, le mystère de cette musique qui sortait de ces tuyaux si parfaitement ordonnancés, sans que soit visible le musicien qui délivrait ces harmonies enchanteresses, me plongeaient dans une excitation extatique qui faisait frissonner tout mon corps et m’emplissait l’âme. L’orgue et les cloches me jetaient dans une sorte de délire… ». (1)
C’est sans doute pour cela que sa musique de chambre contient plusieurs pièces pour cet instrument : Oraisons pour orgue et 4 saxophones (1976), Sonate d’église pour orgue et quintette à cordes (1985)… C’est également à l’église qu’il découvre Debussy, dont l’oeuvre le fascine : « Au moment de l’élévation, descendit de l’orgue une musique qui me fit frissonner et que je trouvai extraordinaire par ses sonorités toutes nouvelles pour moi, et qui pourtant, me semblaient très exactement répondre à la musique que je pressentais et dont j’attendais la révélation… ».(2) C’était une page de Debussy : La Fille aux cheveux de lin. La Première Guerre mondiale l’empêche de se présenter au Conservatoire de Bordeaux ; son père étant mobilisé, il doit gagner sa vie au lieu de poursuivre ses études. C’est ainsi qu’il devient, notamment, employé de préfecture à Montauban où il rencontre Joseph Canteloube, qui lui enseigne la composition. Revenu à Bordeaux, il fonde le Groupe des Trois avec Louis Emié et Jean-Marcel Lizotte. Leur premier concert a lieu le 12 décembre 1920 et on peut alors entendre des pages du Groupe des Six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Darius Milhaud, Francis Poulenc), d’Erik Satie et bien entendu du Groupe des Trois lui-même.
Sur les instances de ses amis Darius Milhaud et Francis Poulenc, Henri Sauguet s’installe à Paris dès octobre 1922. Il se perfectionne alors dans l’écriture et les formes auprès de Charles Koechlin. Peu de temps après, une rencontre avec Satie, organisée par Darius Milhaud, fixe définitivement l’avenir musical de Sauguet. C’est ce jour là que l’auteur des Gymnopédies accepte de parrainer le groupe, appelé facétieusement l’École d’Arcueil (3), formé par Henri Sauguet, Roger Désormière, Maxime Jacob et Henri Cliquet-Pleyel. Bien que reconnaissant Satie comme maître et chef de file, Henri Sauguet ne se laissera guère influencer par ses amis musiciens, n’acceptant comme précepte prôné par ce mouvement que le retour à la clarté française. Le genre particulier et personnel d’Henri Sauguet, qui le distinguera toute sa vie durant, va vite émerger de ses oeuvres originales qui obtiendront un certain succès. Une atmosphère romantique, pour ne pas dire une certaine nostalgie, une couleur mélancolique sont des traits caractéristiques que l’on retrouve souvent dans sa musique et plus particulièrement dans des partitions telles que La Chartreuse de Parme, Les Caprices de Marianne ou La Dame aux camélias… C’est le ballet Les Forains (4) qui le rend célèbre auprès du grand public. Né d’une collaboration avec Boris Kochno, Christian Bérard et Roland Petit, il est dédié à la mémoire d’Erik Satie et obtient un succès populaire immédiat.
Déjà, en 1924, avec l’opéra-bouffe Le Plumet du colonel puis, en 1927 avec le ballet La Chatte, sa musique avait été remarquée, mais c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que son art est reconnu de tous : son Quatuor à cordes (1948), sa symphonie allégorique Les Saisons (1949), puis plus tard l’opéra Les Caprices de Marianne (1954), la ballade pour basse et orchestre Le Cornette (1951) sur des poèmes de Rilke, l’opéra La Dame aux Camélias, la cantate pour baryton et orchestre à cordes L’Oiseau a vu tout cela (sur un poème de Jean Cayrol), le ballet Les Mirages (1943) ou encore cette Mélodie concertante pour violoncelle et orchestre (1963) et ce Reflets sur feuilles pour harpe, piano, percussion et orchestre (1979), indiquent l’étendue du « registre poétique » du compositeur.
Cet homme cultivé, aimable mais parfois mordant, avec beaucoup d’esprit, spirituel à souhait, a su également se faire apprécier comme critique de théâtre et de musique. Amoureux des poètes, il a aussi écrit des recueils de mélodies sur des poèmes de Max Jacob, Visions infernales, où se manifeste son goût pour le plus pur style français. Son oeuvre variée révèle également de la musique de film : citons L’Épervier (Marcel L’Herbier, 1933), L’Honorable Catherine (Marcel L’Herbier, 1942), Premier de cordée (Louis Daquin, 1943), Les Amoureux sont seuls au monde (Henri Decoin, 1947), Clochemerle (Pierre Chenal, 1947), Don Juan (Jules Berry, 1955)….
Henri Sauguet s’est intéressé à toutes formes d’art et « sa nature le porte plus volontiers vers un lyrisme, un romantisme même, empreint de réserve, de grâce, d’une étrange poésie, où le coeur partage avec l’esprit la première place. » (5)

1. - Henri Sauguet, La Musique, ma vie, Librairie Séguier, 1990.
2. - Idem.
3. - Erik Satie s’étant installé à Arcueil en 1898.
4. - Bien avant Les Forains, Henri Sauguet a composé la musique de nombreux ballets : Les Roses (1924) pour le chorégraphe Léonide Massine, La Chatte (1927) pour George Balanchine et les Ballets russes de Diaghilev, David (1928), La Nuit (1930), Fastes (1933), Cartes postales et La Cigale et la Fourmi (1941), Les Mirages (1944). Après Les Forains, se succèderont La Rencontre ou OEdipe et le Sphinx (1948) pour le chorégraphe David Lichine et les Ballets des ChampsÉlysées, La Dame aux camélias (1957) pour la chorégraphe Tatiana Gsovski. 5. - Bernard Gavoty et Daniel Lesur dans Pour ou contre la musique moderne ?, Paris, Flammarion, 1957

Informations

Fermeture exceptionnelle de la billetterie le 28/06/2018 de 13h à 16h30. Réouverture de 16h30 à 17h45.

Le Théâtre du Capitole recrute :

- Des danseurs et des danseuses (Solistes et Corps de ballet)

- Un tenor 1