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Théâtre du Capitole

L’Homme de la Mancha


Le comique désabusé du mythe de Don Quichotte, mêlé au récit de la vie de son auteur Miguel de Cervantés, transposé dans l’univers de la comédie musicale


« Dans une bourgade de la Manche, dont je ne veux pas me rappeler le nom, vivait, il n’y a pas longtemps, un hidalgo… » Ce gentilhomme, c’est Alonso Quijana, personnage fictif imaginé par l’écrivain espagnol du Siècle d’or Miguel de Cervantés, qui ayant lu trop de romans de chevalerie, montant sur son vieux cheval Rossinante, s’en va conquérir le monde sous le nom de Quichotte en compagnie de son écuyer Sancho Pança. Dale Wasserman, auteur également de Vol au-dessus d’un nid de coucou, a imaginé dans les années 1960 remettre au goût du jour les aventures picaresques de Don Quichotte et son écuyer plus prosaïque, accompagné de sa mule, Sancho Pança, en identifiant le destin de Miguel de Cervantés à celui de son personnage.

Récit épique d’une quête impossible élevée au rang de mythe, sorte de revers parodique des romans de chevalerie, l’histoire de Don Quichotte a été maintes fois traitée par la littérature, la peinture, la danse, la musique. Immortalisé par Daumier, August Macke, Don Quichotte de Massenet, le poème symphonique de Richard Strauss, Don Quichotte à Dulcinée de Maurice Ravel, le mythe dépasse assurément le strict cadre espagnol pour connaître un engouement européen jusqu’au premier XXe siècle. Le succès de l’ouvrage de Dale Wasserman, pressé par le metteur en scène Albert Marre, de confier l’adaptation en comédie musicale de son Man of La Mancha au compositeur Mitch Leigh et au parolier Joe Darion, en confirme l’actualité.

À la manière de Flaubert qui louait « le livre que je savais par coeur avant de savoir lire », les spectateurs connaissent les épisodes et rebondissements du récit imaginé par Cervantés, les moulins à vent pris pour des géants, le gouvernement de Sancho Pança et le retable de Maître Pierre. Jacques Brel a réalisé une adaptation pour le public francophone qu’il a lui-même interprétée, dans le rôle de Don Quichotte, y exprimant le sentiment universel de la désillusion.