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Théâtre du Capitole

Les Fiançailles au couvent


Opéra néoclassique dans la veine de Mozart et Rossini, hommage d’un compositeur soviétique à la tradition de l’opera buffa

Une jeune fille trompe son père pour épouser le prétendant de son choix, Don Antonio, plutôt que le riche marchand Isaac Mendoza, qui finira quant à lui avec la Duègne. La jeune Louisa a un frère du nom de Ferdinand dont les désirs de mariage avec Clara sont eux aussi contrariés par le père. Tout ce petit monde se retrouvera dans un couvent où les jeunes amoureux ne se privent en aucun cas de corrompre les moines pour infléchir les épousailles conformément à leurs voeux.

Déguisements et quiproquos sont les artifices traditionnels du genre bouffe que l’on retrouve dans cette comédie extravagante, dont l’intrigue se termine par trois unions, geste de défiance à l’égard de Don Jérôme, Grand de Séville, et de Mendoza. D’une telle contestation des figures de l’autorité, il n’y a rien à craindre.
Ce clin d’oeil de Prokofiev à la destination première de l’opéra qu’est le divertissement, au travestissement, aux faux-semblants qu’affectionne le XVIIIe siècle se fonde sur une traduction en vers russes par Mira Mendelsohn, seconde épouse du compositeur, d’un livret d’opéra-comique du XVIIIe, La Duègne ou Le Double Enlèvement, du britannique Sheridan.

Cet opéra très peu russe, composé en pleine Seconde Guerre mondiale, pas du tout en phase avec l’actualité, s’il est moins connu que L’Amour des trois oranges et Guerre et Paix, n’en est pas moins une réussite en matière de conduite dramatique : ligne mélodique incisive et souplesse ininterrompue des enchaînements musicaux sous-tendent le burlesque incessant des situations.

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