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22 juin 2011
La Sylphide, premier ballet romantique



L’avènement du romantisme dans le domaine du ballet survient avec La Sylphide (1832) de Filippo Taglioni, dont les recettes irrigueront pendant près de quarante ans le Ballet français. De retour après quinze ans d’absence, ce grand ballet en deux actes, remonté par la spécialiste danoise de Bournonville Dina Bjørn et accompagné par l’Orchestre de chambre de Toulouse placé sous la direction de David Coleman, narre les aventures d’un jeune homme amoureux d’une fille de l’air.


Héros déchiré entre idéal inaccessible et réalité insatisfaisante et soumis aux lois d’un destin fatal, amour impossible plus fort que la mort, créatures surnaturelles vaporisées de tissus arachnéens donnant lieu au « ballet blanc » du second acte, dualité marquée entre rêve et réalité, couleur locale des danses écossaises, chorégraphie toute de légèreté, d’apesanteur et de vivacité qui développe la technique des pointes… : tout, dans La Sylphide, concourt à faire de ce ballet un rêve d’une poésie magique. Tous les thèmes et les ingrédients, alors en vogue, vont être savamment agencés par le ténor Adolphe Nourrit, d’après un conte de Charles Nodier, pour construire l’archétype du ballet romantique. La recette fera florès et sera reprise jusqu’à son apothéose dans Giselle en 1841 et jusqu’à Coppélia, dernier fleuron du romantisme donné en mai dernier par le Ballet du Capitole au Casino-Théâtre Barrière.


C’est la version d’Auguste Bournonville (1836) pour le Royal Ballet du Danemark, que présentera le Ballet du Capitole qui a, entre autres avantages, celui d’être plus resserrée dramatiquement et de donner autant d’importance à la danse masculine qu’à la danse féminine. L’intrigue cependant reste la même dans les deux chorégraphies : un Écossais, James, s’éprend d’une sylphide et se détache, peu à peu, de son amour pour Effie, une jeune paysanne bien réelle qu’il doit tantôt épouser. Mettant tout en oeuvre pour s’approprier la fille de l’air, à son goût bien trop insaisissable, il obtient de la sorcière Madge une écharpe enchantée qui s’avère être empoisonnée. James aura alors tout perdu : sa sylphide mourra ; quant à Effie, elle épousera un autre villageois, Gurn, qui lui, se satisfera de la réalité de sa bien-aimée.


Formé en partie à Paris auprès de Pierre Gardel et d’Auguste Vestris, Auguste Bournonville, maître de ballet et chorégraphe danois aux origines françaises, importe au Danemark la grande tradition de la danse masculine française du XVIIIe siècle telle qu’elle lui a été transmise par ses maîtres et fonde l’École de danse danoise. Contrairement à la tendance de l’époque romantique qui veut que la danse masculine s’efface au profit de la danse féminine et de la prééminence de la ballerine, Auguste Bournonville donne aux danseurs la même importance qu’aux danseuses. C’est ce qui explique qu’encore aujourd’hui, l’École danoise est réputée pour ses interprètes masculins dont la formation établie par Bournonville n’a connu aucune rupture depuis le début du XIXe siècle. Chez les hommes comme chez les femmes, l’accent est mis sur le travail du bas de jambe et sur le ballon, c’est-à-dire en jargon chorégraphique, la capacité à élever son corps au-dessus du sol comme un ballon dont il doit avoir rebond et élasticité. La continuité dans l’enchaînement du mouvement, la légèreté et la précision sont les caractéristiques de ce style.


Carole Teulet


La Sylphide, du 24 au 26 juin au Casino Théâtre Barrière
Tarif : de 6,50 à 40€
Un service de navettes est organisé à destination du Casino-Théâtre Barrière. En savoir plus

Informations

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