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14 novembre 2011
Falstaff : "Tutto nel mondo è burla"



Falstaff, 2002 - Patrice Nin

Falstaff dans la mise en scène de Nicolas Joel, au Théâtre du Capitole, en 2002..




Le dernier opéra de Verdi est l’oeuvre d’un compositeur âgé de près de 80 ans ayant renoué avec Shakespeare depuis Otello, qui n’a cessé d’aiguiser son sens dramatique, osant rompre dans un ultime opus avec une longue succession de drames historiques et de tragédies. Présenté dans la mise en scène de Nicolas Joel, Falstaff est servi par un panel de chanteurs exceptionnels.


Œuvre d’un vieil homme en pleine possession de ses moyens, Falstaff est un défi lancé à l’âge, au temps et aux modes. Si l’on excepte Un giorno di regno [Une journée de règne] (1840), « melodramma giocoso » de jeunesse, l’ouvrage est l’unique comédie de Verdi. Le personnage gros, alcoolique et paillard de Sir John Falstaff vient tout droit des Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare, mais aussi des deux Henry IV et de Henry V, trois grands drames historiques du même auteur. Ce sujet ayant inspiré à Salieri un opéra homonyme créé en 1799 se prête parfaitement bien à la transposition lyrique. Un baryton principal, Falstaff, courtise fort maladroitement deux mezzos, Alice Ford et Meg Page. Avec son mari, Alice Ford entreprend après maintes péripéties de tendre un piège au coquin, organisant une mascarade où sa fille Nannetta, soprano, est déguisée en Reine des fées, tandis que Meg Page et Miss Quickly – un autre rôle de femme d’expérience – prennent l’apparence de sorcières. Falstaff rira de lui-même et l’intrigue secondaire de l’amour contrarié des jeunes premiers, Nannetta et Fenton, sera résolue.

Falstaff est un opéra enjoué en style de conversation où s’imposent la précision extrême du détail, l’allègement de la densité de l’orchestre et d’un contrepoint pourtant omniprésent. Sans ouverture, ni prélude, le spectateur est plongé immédiatement dans le vif du sujet : aucun passage orchestral de plus de cinquante mesures ne vient ralentir le rythme de cette comédie « écrite » comme aucun autre opéra de Verdi auparavant, où s’impose l’écriture vocale syllabique. Cet opéra destiné à des chanteurs à la technique très sûre n’offre pas d’occasion de pure démonstration vocale. Le rôle-titre domine, sans grand air attendu par le public, et les autres chanteurs ont part égale dans leurs interventions. Ensembles, récitatifs et quelques airs de soliste sont répartis habilement dans un seul but d’efficacité dramatique. Le cours accéléré des événements, qui s’enchaînent avec un rythme effréné, ne s’interrompt pas, sauf au début du IIIe acte, lors de la scène de la forêt de Windsor. C’est là que Verdi se montre le plus romantiquement shakespearien, jouant le jeu de l’incursion du mystique et du surnaturel dans un contexte burlesque.


Sofiane Boussahel


Falstaff, du 2 au 13 décembre au Théâtre du Capitole
Tarif de 10 à 86€, Réserver en ligne

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00