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1er juillet 2011
Giselle, apothéose du ballet romantique


C’est le 28 juin 1841, à l’Académie Royale de Musique de Paris que fut créé l’ouvrage qui allait devenir l’apothéose du ballet romantique : Giselle d’Adolphe Adam. Certes, il avait été précédé neuf ans plus tôt de La Sylphide (1832), véritable prototype et archétype du genre. Mais, pour aussi réussie que soit La Sylphide, elle n’est en quelque sorte que l’esquisse indispensable à la réalisation du chef-d’œuvre que sera Giselle. Non seulement, sa « trame dramatique est plus clairement structurée que celle de tout autre ballet classique » pour reprendre les dires de Merce Cunningham, mais encore la relation entre la musique, la chorégraphie et l’action est parfaitement équilibrée, aucun de ces éléments ne dominant les autres.

Quelques-uns des plus éminents personnages du temps prirent part à sa création : Théophile Gautier, écrivain, critique d’art, chroniqueur de danse, et Jules-Henry Vernoy de Saint-Georges, alors célèbre dramaturge, unirent leurs talents pour en rédiger le livret d’après Heinrich Heine ; Adolphe Adam en composa la musique ; Jean Coralli, alors Premier maître de ballet de l’Opéra, et Jules Perrot en dessinèrent la chorégraphie ; Pierre Cicéri, le spécialiste des décorations romantiques à l’Opéra, en conçut les décors, les éclairages (au gaz) et les machineries et Paul Lormier, les costumes. Et n’oublions pas les deux artistes d’exception qui interprétèrent les rôles des deux protagonistes : Carlotta Grisi (Giselle) et Lucien Petipa (Loys/Albrecht).

L’ouvrage raconte l’histoire d’une jeune paysanne, Giselle, amoureuse et aimée en retour d’un certain Loys, paysan lui aussi. Mais très vite, le prétendant dédaigné par Giselle, le garde-chasse Hilarion, se charge de la détromper en lui dévoilant la véritable identité de l’imposteur : Loys n’est autre que le duc Albrecht de Silésie, d’ailleurs fiancé à la belle et noble Bathilde de Courlande.
C’en est trop pour Giselle qui – bien que paysanne de théâtre - sait très bien que les ducs n’épousent pas les filles du peuple. Assaillie par de violentes hallucinations (la fameuse « scène de la folie », à la fois morceau de bravoure et pierre d’achoppement dramatique pour les ballerines), elle s’écroule et meurt.


Giselle 2010

Giselle (Maria Gutierrez) et Albrecht (Kazbek Akhmedyarov) (photo : David Herrero)



Au deuxième acte, rongé par le remords et la culpabilité, Albrecht erre dans les bois à la recherche de la tombe de Giselle afin de s’y recueillir. Contre toute attente, la jeune fille se présente à lui sous les traits d’une « wili », un fantôme de jeune fille, morte pour avoir trop aimé la danse ou disparue à la fleur de l’âge sans avoir assez satisfait cette folle passion. Hélas ! dès que l’aube pointe, – après avoir dansé ensemble un émouvant et poétique pas de deux où Giselle semble véritablement flotter dans les airs – l’impondérable wili rejoint son royaume nocturne et Albrecht se retrouve seul, hanté par ses tourments.


Carole Teulet


Giselle, les 10 et 11 septembre au Casino-Théâtre Barrière
Tarif de 6,50 à 40€