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26 octobre 2011
Les étapes de création d’un grand ballet classique


Depuis l’idée originelle jusqu’à la première représentation publique, certaines étapes indispensables se succèdent pour permettre à une nouvelle production chorégraphique de voir le jour. S’il est difficile de dresser une chronologie et un enchaînement précis tant chaque projet est singulier, nous avons tenté ici de retracer les grandes lignes de la création d’un grand ballet classique narratif, tel que La Reine morte de Kader Belarbi.



1 Commande et idée originelle

Le directeur artistique, d’un commun accord avec la direction de la Danse, propose au chorégraphe qu’il a choisi la création d’une pièce chorégraphique répondant à telle ou telle contrainte (durée de l’œuvre, style chorégraphique, avec orchestre ou bande musicale enregistrée, etc.).

Suite à cette commande qu’il décide honorer ou non, le chorégraphe porte son choix sur un sujet. La plupart du temps, dans le cas d’un ballet narratif, son choix se porte sur un sujet est tiré de l’histoire ou de la littérature.


2 Première ébauche du projet

Après la validation de principe du directeur artistique, le chorégraphe se met au travail en approfondissant le sujet de départ : il étudie les avatars littéraires et plastiques de l’histoire choisie, s’attelle – seul ou non – à l’écriture de l’argument et définit les grandes lignes de l’esthétique de la production. Il rassemble, d’un commun accord avec le directeur artistique, une équipe formée d’un décorateur, d’un costumier et d’un éclairagiste.

Tout en continuant à travailler sur le livret, il choisit la musique : il peut alors faire appel à un compositeur ou bien choisir, c’est le cas le plus fréquent, une ou plusieurs musiques existantes, qui seront si besoin adaptées. Parallèlement, le directeur artistique et la direction de la danse recrutent un chef d’orchestre.


Décors Bruno de Lavenère

Maquette du décorateur Bruno de Lavenère pour La Reine morte. Crédit : DR.


3 Conception du projet

Le décorateur, le costumier et l’éclairagiste développent alors, selon les demandes du chorégraphe, l’idée initiale et conçoivent décors, costumes et lumières, en fonction des contraintes techniques et budgétaires qui leur ont été fixées. Environ un an avant la première représentation, des maquettes des décors et des costumes sont présentées à la direction artistique et technique du théâtre au cours d’une présentation approfondie du projet. La direction technique s’assure de la faisabilité du projet et des conditions de sécurité.

Le chorégraphe auditionne les danseurs et se fait une première idée sur la future distribution des rôles.


4 Fabrication de la production

Tandis que l’atelier de couture conçoit et réalise, selon les indications du costumier qui contrôle tissus, patrons et finitions, les costumes des solistes et du corps de ballet, les ateliers de perruques réalisent coiffes et chapeaux.

Dans l’atelier de fabrication des décors, serruriers, sculpteurs et peintres construisent les différents éléments de la scénographie.

L’équipe de production suit pas à pas la réalisation, en contact permanent avec les ateliers de fabrication.


5 Création en studio

Étape essentielle du projet, c’est du contact avec les danseurs que naît véritablement la chorégraphie.

Lorsque le chorégraphe a arrêté son choix quant à la distribution des rôles et a choisi les remplaçants qui devront apprendre le rôle pour être prêts en cas de blessure, des essayages ont lieu pour adapter chaque costume au danseur choisi. Des modifications peuvent alors être apportées pour le rendre plus confortable et plus maniable. Des essais de maquillage sont aussi réalisés.

Lors des répétitions en studio, des éléments de substitution (objets du décor, coiffes ou costumes encombrants, marquages au sol) sont utilisés pour aider les danseurs à se mettre en situation. Scène par scène, ceux-ci s’approprient la chorégraphie, la mémorisent, affinent leur incarnation du personnage. Répétant inlassablement, ils s’attachent à parfaire chaque mouvement, chaque pas sur les indications du chorégraphe et de ses assistants. Accompagnés au piano ou par une bande enregistrée, les premiers filages – répétitions sans interruption – ont lieu.


Essayages

Essayage de costumes pour La Reine morte. Photo : David Herrero


6 Dernières répétitions et présentation au public

Avec ou sans orchestre, en costumes ou non, les répétitions s’enchaînent au studio de répétition puis dans le lieu même du spectacle. Dans le cas d’un accompagnement orchestral, l’orchestre, qui a d’abord répété plusieurs fois isolément, rejoint les répétitions. Le chef d’orchestre affine les tempi et l’interprétation en fonction des danseurs.

Les équipes du théâtre – techniciens, régisseurs, machinistes – investissent la scène où le décor a été monté et participent aux répétitions. Des séances de travail spécifiques ont lieu, parfois la nuit, pour régler certains aspects du spectacle tels que les lumières ou les changements de décor.

La veille ou l’avant-veille de la première a lieu la répétition générale qui reproduit les conditions du spectacle, parfois en présence du public. Tout doit être fin prêt pour la première représentation.

Lors de cette dernière étape, des enregistrements vidéo sont réalisés pour garder une trace de l’œuvre qui permette de la remonter fidèlement par la suite. Car la production, qui vient enrichir le répertoire de la compagnie, est le plus souvent redonnée quelques saisons plus tard ou lors de tournée du Ballet en France ou à l’étranger. Elle peut aussi être louée ou vendue pour être représentée par d’autres compagnies, dans d’autres théâtres.

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