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5 mars 2012
Parcours choral de Brahms à Ghedini par le Chœur du Capitole


Le Chœur du Capitole, dirigé par Alfonso Caiani, consacre son prochain concert au répertoire spirituel. Ouvrant la soirée avec un Brahms très mendelssohnien, il abordera ensuite l’inspiration romantique de trois compositeurs de la première moitié du XXe siècle.


Le chœur d’une maison d’opéra ne saurait limiter ses prestations en concert à des extraits d’ouvrages lyriques ou bien à la musique sacrée avec accompagnement d’orchestre. Le Chœur du Capitole se plaît à explorer un répertoire parfois inattendu, au ton intimiste et aux couleurs raffinées.

Chez Johannes Brahms (1833-1897), la dualité entre le style archaïsant d’une musique religieuse qui voudrait évoquer le premier baroque allemand – Brahms avait connaissance des travaux musicologiques de son temps – et le romantisme des nombreux arrangements de chants populaires, autrement dit de Volkslieder, – la partie la plus importante du catalogue brahmsien après les lieder pour voix et piano –, est une donnée essentielle à la compréhension de la place qu’occupe la musique chorale dans l’œuvre des compositeurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Les Quatre chants op. 17 constituent un recueil de jeunesse (1859) à l’empreinte romantique : textes de Eichendorff, Ruperti, Shakespeare, Ossian, évocation du cor magique d’Oberon et des légendes nordiques.

Après Brahms, une certaine tradition chorale romantique semble être perpétuée par la génération suivante. Janá ?ek (1854-1928) revient fréquemment à l’écriture chorale, s’attachant à y faire jaillir la même alliance d’influences nationales et romantiques et d’un langage moderne qui parcourt son œuvre. Gustav Holst (1874- 1934), compositeur de la célèbre suite orchestrale Les Planètes (1916), a servi son goût pour la mise à distance du sentiment dans les Hymnes choraux composés sur ses propres traductions de la philosophie orientale des Védas. L’un des quatre recueils de l’opus 26 comprend quatre hymnes pour choeur de femmes et harpe ou piano. Le compositeur italien Giorgio Ghedini (1892-1965), transcripteur passionné d’oeuvres anciennes de Frescobaldi, Monteverdi, Gabrieli, auteur de huit opéras – dont un Billy Budd – pédagogue ayant formé à Milan, entre autres personnalités, Luciano Berio et Claudio Abbado, mélange dans son oeuvre d’une façon très personnelle les styles ancien et moderne. Fu primavera allora est une pièce pour chœur mixte avec accompagnement de piano écrite sur une traduction d’un texte de Virgile.

Sofiane Boussahel


De Brahms à Ghedini, le 14 mars à 20h au Théâtre du Capitole
Tarif : de 10 à 20€

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