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16 mai 2012
Un voyage d’Ouest en Est

Avec ce programme, Nanette Glushak, directrice de la danse du Théâtre du Capitole, nous invite à une petite histoire de la danse illustrée. D’ouest en Est, puis d’Est en Ouest, nous suivrons les nombreuses pérégrinations accomplies par la danse classique, du XIXe siècle à nos jours.


Pour être tout à fait explicite, sans doute aurait-il fallu intituler ce programme D’Ouest en Est – Aller et Retour. Les points cardinaux désignent ici l’origine géographique, à l’Ouest, puis les itinéraires suivis par la danse classique : d’Europe – et plus particulièrement de France - en Russie, par le biais de nombreux maîtres de ballet français dont le plus connu est assurément Marius Petipa ; puis de Russie vers la France et les États-Unis, grâce aux Ballets russes de Serge de Diaghilev et à George Balanchine.

C’est Louis XIV, le Roi danseur qui, en codifiant la Belle Danse, en fait l’une des plus prestigieuses écoles européennes et la première Académie française en 1661. Caractérisé par l’élégance, la pureté des lignes, la majesté, ce style français du ballet est réclamé aux quatre coins de l’Europe d’alors et notamment en Russie où il est introduit au XVIIIe siècle par Jean-Baptiste Landé. Lui succèderont de nombreux maîtres de ballet français, parmi lesquels Charles Didelot et Arthur Saint-Léon, jusqu’au dernier en date, le très renommé Marius Petipa (1818-1910).

En hommage au Maître français du ballet, le Ballet du Capitole présente deux Pas de deux parmi les plus connus du chorégraphe, le Grand Pas de deux du dernier acte de Don Quichotte et celui du Corsaire. Tous deux suivent le schéma codifié par Petipa lui-même avec un adage introductif, la variation du danseur suivie de celle de la ballerine puis, la coda finale, véritable feu d’artifice de virtuosité technique.

Avec le Russe Balanchine, le ballet français – qui, pendant près de deux siècles, a eu le temps de se russifier – s’expatrie en 1933 aux États-Unis d’Amérique. La spécificité de la vie new-yorkaise, faite de rapidité, de stress, de tension, de métissages… va conduire Mister B. à créer son propre style, sa propre signature. Concerto Barocco sur la musique de Jean-Sébastien Bach est un joyau d’épure du Maître, un diamant de la plus belle eau. Quant à Slaughter on 10th Avenue, il s’agit d’un clin d’œil plein d’humour de Balanchine aux années difficiles et aux ouvrages plutôt « alimentaires » créés pour Broadway et Hollywood.

De nombreux chorégraphes d’aujourd’hui estiment encore avoir une dette à l’égard de Balanchine, pour avoir su porter le néoclassicisme chorégraphique à son apogée. C’est le cas du grand Ji ?í Kylián qui, à partir de la technique classique, crée un univers unique et inimitable fait de poésie, d’onirisme et d’humour. Avec Petite Mort, Kylián nous réconcilie avec la beauté du monde. À ce degré-là, la danse se fait alchimie.

Carole Teulet


D’Ouest en Est, du 21 au 24 juin au Casino-Théâtre Barrière
Tarif : de 6,50 à 40€

Un service de navettes est organisé à destination du Casino-Théâtre Barrière.

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