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4 février 2013
Le roi de Mai de Benjamin Britten


Contemporain de Pierre Boulez, mais aussi d’Olivier Messiaen, le compositeur britannique Benjamin Britten (1913-1976) entend dès l’après-guerre insuffler une vigueur nouvelle à l’art lyrique, non pas en épousant le credo d’une avant-garde musicale qui se consacre alors majoritairement au théâtre musical, mais en faisant à proprement parler de l’opéra, c’est-à-dire en maintenant la présence d’une trame dramatique, en prolongeant le fil d’une tradition théâtrale qui n’a pas encore disparu, en choisissant d’innover dans les limites imposées par le cadre très exigeant de l’opéra.

Sorte de coup d’envoi d’un renouveau de l’opéra anglais, alors que Benjamin Britten rentre d’un exil américain de quelques années particulièrement prolifiques au plan créatif, l’opéra Peter Grimes (1945) précède deux autres ouvrages créés au Festival de Glyndebourne : The Rape of Lucretia [Le Viol de Lucrèce] (1946) et Albert Herring (1947).

Britten s’impose ainsi dès l’après-guerre en fin lettré et grand connaisseur de théâtre sur les scènes lyriques de Grande-Bretagne. Sa renommée dépasse assez rapidement le domaine insulaire notamment avec Peter Grimes et Billy Budd (1951), et plus tard avec le grand succès remporté post-mortem par des opus comme Death in Venice (Mort à Venise d’après Thomas Mann) et The Turn of the Screw (Le Tour d’écrou d’après Henry James), pour ne citer que quelques exemples parmi un ensemble de dix-sept ouvrages scéniques composés de 1939 à 1973.

Avec un humour parfois grinçant, le récit porté à la scène dans Albert Herring, unique comédie lyrique de Benjamin Britten, peint vingtquatre heures de la vie d’un benêt de village, sous l’emprise étouffante de sa mère, victime d’une Angleterre pudibonde.

Après Peter Grimes, Benjamin Britten témoigne une fois de plus, ainsi qu’il le fera dans son oeuvre ultérieure, de son intérêt pour les personnages humbles en adoptant pour sujet de son opéra l’acte de rébellion d’une figure centrale, manipulée et moquée par son entourage, initialement enfermée dans sa condition.

Le livret puise son inspiration dans une nouvelle de Maupassant, Le Rosier de Madame Husson (1887), dont le librettiste Eric Crozier déplace l’intrigue au début du XXe siècle et transpose l’esprit normand de la nouvelle de Maupassant dans le Suffolk, région natale de Britten.

Le sceau du renouveau continue de marquer cet opus qui, à l’instar des deux précédents, vise l’économie de moyens, comme en témoignent un orchestre réduit, un piano destiné à réinventer le récitatif et la présence de douze chanteurs desquels Britten exige qu’ils soient quasiment des comédiens, cela afin de maintenir en haleine le rythme d’une farce à la fois truculente et cynique.

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00