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24 décembre 2013
Entretien avec Christophe Coin, direction musicale



Christophe Coin, violoncelle, direction musicale



Pionnier de l’interprétation baroque, c’est pourtant en autodidacte que le violoncelliste Christophe Coin a découvert cet univers musical. Parallèlement à son cursus académique au CNSM, il se met à la viole de gambe avant de rencontrer Jordi Savall à Bâle puis, à Vienne, Nikolaus Harnoncourt. Enseignant, soliste, membre du Quatuor Mosaïques, chef d’orchestre, il lève un peu le voile sur la genèse de ces Bach Suites.

Comment ce projet de ballet sur des musiques de Bach est-il né ?

C’est un projet très ancien. À l’origine, il s’agissait d’un solo : Rudolf Noureev souhaitait danser sur la Troisième suite pour violoncelle seul de Bach, et Francine Lancelot m’a demandé d’être le violoncelliste de ce spectacle. Avec le temps, le projet s’est développé : on a rajouté la Partita pour flûte, puis dans une troisième mouture, les 2e et 3e Concertos Brandebourgeois, et enfin le Concerto pour clavecin en ré. Vous le voyez, en trente ans, on est passé d’un simple solo à une soirée Bach.

Et de violoncelliste solo, vous vous êtes transformé en chef d’orchestre pour l’occasion ?

Je vais en effet diriger les oeuvres concertantes. Cela permet de garder une vraie cohérence dans le discours musical de la soirée.

N’est-il pas difficile de s’astreindre à la régularité rythmique nécessaire aux danseurs quand on est soi-même habitué à jouer en soliste ?

Il faut en effet bien se mettre d’accord sur le tempo, qu’il convienne aux danseurs, à leur souffle, à leurs mouvements, tout en respectant la logiq ue de la musique. Normalement, on trouve une respiration commune et il n’est donc pas si difficile que cela de s’y tenir. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les danseurs préfèrent la plupart du temps avoir un interprète à leur côté, qui puisse les soutenir, réagir avec eux, qu’une bande sonore.

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