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26 novembre 2013
Maîtrise du Capitole


Hänsel et Gretel est l’occasion pour la toute jeune Maîtrise du Capitole de faire ses premiers pas sur scène. Frédéric Chambert et Alfonso Caiani reviennent sur la création et les missions de cette nouvelle structure au sein du Théâtre.


Alfonso Caiani, chef du Choeur du Capitole

Vous avez déjà un passé prestigieux dans le domaine des voix blanches.

J’ai eu la chance, juste avant la fin de mes études musicales au Conservatoire de Milan, d’être appelé par l’actuel chef des choeurs de la Scala pour être son assistant à la Maîtrise. J’ai reçu alors une formation très précieuse. Ensuite j’ai eu la responsabilité du Choeur d’enfants de la Scala pendant une dizaine d’années, juste avant de rejoindre le Théâtre du Capitole.

Comment se sont passées les auditions, quels étaient vos critères de sélection ?

Les auditions nous ont permis d’écouter près de 500 enfants. Les critères de sélection ont été avant tout des critères d’aptitudes : sens du rythme, justesse, intonation et, après quelques petits exercices, qualité de la voix. Par contre leur formation musicale n’a pas été un critère, car de cela, nous allons nous occuper.

Parlez-nous de cette « population » que vous avez recrutée

L’idée est d’arriver à un choeur de plus ou moins 80 éléments. Pour cela nous allons procéder à la rentrée à des auditions de contrôle. Même si la tradition privilégie les voix de garçon, elle pose plusieurs problèmes. Premièrement il est difficile d’en trouver ; ensuite je suis sûr qu’un choeur mixte peut parfaitement fonctionner. Par contre on a privilégié les jeunes. Et cela à partir de 7 ans car il est nécessaire qu’ils sachent lire le français. Nous en avons retenu jusqu’à 13 et 14 ans si nous étions sûrs que la voix était déjà formée, sinon, le temps qu’elle se forme et ils nous auraient quitté – car c’est alors une voix adulte que nous aurions eu à gérer.

Quel va être leur rythme de travail ?

Le rythme de travail sera de deux jours par semaine, à raison de 1h30 le mercredi et autant le vendredi. On démarre bien sûr avec l’étude de la technique vocale : respiration, vocalise, position de la mâchoire, etc. C’est la base pour un choeur d’enfants professionnel.

Qu’attendez-vous d’eux ?

J’attends d’eux un niveau professionnel, celui du Choeur du Théâtre du Capitole, c’est-à-dire une qualité leur permettant d’intervenir dans une maison de niveau européen comme la nôtre dans les opéras prévoyant des choeurs d’enfants, comme par exemple Hänsel et Gretel fin 2013.




Frédéric Chambert – Directeur artistique du Théâtre du Capitole

Frédéric Chambert, pourquoi installer une maîtrise dans les phalanges artistiques du Théâtre du Capitole ?

C’est une grande aventure. La question est : pourquoi une maîtrise pérenne ? En fait, il y a toujours au Capitole une maîtrise, lorsque cela est nécessaire, pour Casse-noisette ou Carmen par exemple. Ce que j’ai constaté depuis quatre ans que je suis dans cette maison, c’est que chaque fois que nous avons besoin d’enfants maîtrisiens, nous réunissons les forces nécessaires pendant 3 ou 4 mois, puis plus rien. La saison d’après, si besoin est, nous refaisons des auditions, et ainsi de suite. Tout cela ne représente aucun suivi. C’est un énorme travail sur lequel ni les enfants ni le Théâtre ne peuvent capitaliser puisque chaque fois, il faut repartir à zéro. En construisant une structure pérenne, non seulement nous allons permettre à ces enfants d’élever leur niveau grâce à l’éducation que nous allons leur donner, mais aussi avoir des interprètes dont le niveau viendra de facto amplifier la qualité de nos spectacles. Mon souhait également est de favoriser au travers de cette structure la transversalité sociale. Très clairement, les recrutements ponctuels antérieurs provenaient du centre-ville. Dès lors que l’on a engagé avec la Ville de Toulouse et le Rectorat une démarche préalable à l’installation de cette maîtrise, il y a eu une information générale qui a été faite. Et l’on constate un recrutement plus diversifié. Cela s’est fait sur la base d’auditions volontaires évidemment. Vous savez, le chant, c’est comme le foot ou le rugby, il y a des prédispositions qui n’appartiennent à aucune classe sociale spécifique. Grâce à une très forte connotation en termes de partage et de solidarité, cette maîtrise sera un véritable reflet de la sociologie toulousaine. Je tiens enfin à souligner combien cette entreprise nous est facilitée par la présence dans notre maison d’Alfonso Caiani qui fut, avant de venir nous rejoindre en tant que chef des choeurs, chef-assistant du choeur et responsable des « Voix blanches » de la Scala de Milan.


Propos recueillis par Robert Pénavayre

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