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24 décembre 2013
Présences vocales



Présences vocales #4
Mirrors / Shadows
A Book of Madrigals
Théâtre Garonne, 14 janvier à 20h

Exaudi, ensemble vocal
James Weeks Direction


Mirrors / Miroirs. C’est bien à des jeux de miroirs que nous invite l’ensemble Exaudi, avec un programme qui met en perspective l’un des derniers grands maîtres du madrigal italien, Carlo Gesualdo, dont l’oeuvre volontairement archaïsante semble à nos oreilles tellement audacieuse et révolutionnaire. Alors que l’on vient tout juste de fêter les quatre cents ans de sa mort, Gesualdo reste plus que jamais un compositeur dont la science du contrepoint fascine. Pour preuve, ces pages que des compositeurs contemporains écrivent soit en hommage direct (le Sesto Libro de Finnissy, compositeur anglais né en 1946), soit en simple effet d’écho lointain. Les madrigaux de Gesualdo n’étaient déjà plus ceux de Monteverdi, à la fois plus précoce et plus moderne ; ceux de Sciarrino (né en 1947) et de Schöllhorn (né en 1962) retrouvent la matière et la manière d’un genre qui fut celui des nouvelles explorations musicales de la Renaissance italienne. Quand la modernité d’aujourd’hui rejoint celle d’hier et s’en inspire.



Présences vocales #5
La Belle et la Bête
Opéra pour film, voix et orchestre
Musique de Philip Glass
Film La Belle et la Bête de Jean Cocteau
créé le 4 juin 1994 au Teatro de la Maestranza, Séville
Odyssud (Blagnac), 21 et 22 janvier à 20h30



Une nouvelle façon d’imaginer l’opéra


Nous vous en parlions déjà dans le précédent numéro du Journal, à l’occasion du spectacle La Bête et la Belle de Kader Belarbi : nous fêterons les vingt ans de La Belle et la Bête de Philip Glass les 21 et 22 janvier prochains à Odyssud. Un opéra ? Un film d’opéra ? Ni vraiment l’un, ni totalement l’autre. Comme toujours, Philip Glass surprend, et en l’occurrence crée un genre nouveau. Deuxième volet d’une trilogie qu’il consacre à Jean Cocteau (Orphée en 1993, suivi trois ans plus tard par Les Enfants terribles pour solistes et trois pianos), cette Belle et la Bête n’est en effet ni tout à fait un opéra, ni tout à fait une musique de film, mais un surprenant hybride de ces deux genres. Glass a en effet gardé la totalité du film de Cocteau (1946), mais a composé une musique entièrement nouvelle sur laquelle les chanteurs prennent en charge les paroles initialement dites pas les acteurs. Philip Glass a réussi le tour de force qui consiste à se fondre dans une oeuvre déjà existante, d’en accepter le rythme propre, de s’y adapter – de le faire sien. Gageure brillamment relevée, mais qui demande aux interprètes des trésors d’ingéniosité et de minutie pour ne pas se décaler des images du film ! Cet « opéra pour film » assez unique dans l’histoire de la musique sera un beau contrepoint à cette série de spectacles basés sur des fables et contes, comme la ballet de Kader Belarbi dont nous parlions plus haut, mais aussi cette lecture qu’Elie Semoun est venue donner le 26 octobre dernier au Grand Foyer, ou bien encore Hänsel et Gretel de Humperdinck, dont le conte cruel est finalement bien moins enfantin qu’il n’y paraît.

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