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25 février 2015
AMOUR, AMOR

Du 2 au 5 avril au Casino-Théâtre Barrière

Consacrée à la passion amoureuse, cette soirée se compose des Liaisons dangereuses, adaptation par Davide Bombana du roman de Choderlos de Laclos, et de L’Amour sorcier, dans la version de Thierry Malandain.

Avec Les Liaisons dangereuses, Davide Bombana a choisi de transposer en ballet un texte du XVIIIe siècle, d’une extraordinaire modernité, dans le but de révéler les similitudes entre le siècle des Lumières et le nôtre : une société corrompue et corruptrice qui creuse sa propre tombe. L’amour passionnel qui peut aller jusqu’à la mort, le désir charnel, la séduction, la jalousie, la manipulation… autant de thèmes qui lui serviront de guide dans sa chorégraphie.




Davide Bombana, chorégraphe

Pourquoi avoir décidé de transposer en ballet Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos ? N’avez-vous pas été gêné par la forme épistolaire du roman pour cette transposition chorégraphique ?

Le roman de Laclos me fascine par la profondeur, la pénétration d’esprit avec laquelle les relations humaines et amoureuses sont examinées dans toute leur complexité. Mensonges, trahisons, désirs charnels, cruauté… sont présentés par Laclos, écrivain du XVIIIe siècle, avec une clarté toute contemporaine. Comme dans les opéras de Mozart et Da Ponte qui évoquent les misères humaines avec légèreté et insouciance.
Bien qu’écrit au XVIIIe siècle, je trouve ce roman très moderne, très actuel car, en fin de compte, au Siècle des Lumières ou aujourd’hui, les passions humaines sont éternelles dans leur manifestation et la nature humaine connaît toujours les mêmes petites misères. La corruption, le désir de manipulation… omniprésents dans le roman de Laclos sont, ce me semble, plus que jamais à l’oeuvre dans notre société du XXIe siècle. La critique sociale de l’auteur contre une société corruptrice vouée à disparaître n’est pas sans rappeler celle où nous vivons.
Une des choses les plus surprenantes de l’oeuvre est que l’amour, toujours considéré comme un sentiment secondaire et presque risible, se présente tout à coup comme un invité inattendu qui détruira tous les plans et toutes les intrigues des personnages. À la fin, et contre toute attente, le roman se fait hymne à l’amour. Pour ce qui est de la forme épistolaire, je ne pense pas qu’elle handicape en quoi que ce soit la transposition chorégraphique. Voyez la transposition théâtrale qu’en a faite Christopher Hampton, l’échange de lettres du roman n’a gêné en rien son adaptation dramatique. La dramaturgie fonctionne très bien sans le recours à la forme épistolaire ; aussi, je compte bien m’en inspirer comme l’ont fait les deux films américains sur le sujet, Valmont de Milos Forman et Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears.
La totalité de l’oeuvre est basée sur les rapports sensuels entre les personnages, ce qui va me donner de merveilleuses opportunités pour composer plusieurs pas de deux qui s’intègreront très bien dans la dramaturgie du ballet.


Votre ballet Les Liaisons dangereuses aurait dû être créé en 2011. Pour certaines raisons, il a été annulé. Les quatre années qui ont passé, ont-elles modifié votre première conception de l’ouvrage ?

En effet, mon ballet Les Liaisons dangereuses était prévu pour 2011, alors que le Ballet du Capitole était encore dirigé par Nanette Glushak. J’étais très enthousiaste à l’idée de créer pour la seconde fois un ballet pour cette talentueuse compagnie (mon premier ballet fut Carmen). Tout était prêt, y compris les décors et les costumes réalisés par Dorin Gal, malheureusement, pour des raisons personnelles j’ai été contraint d’annuler. Puis Kader Belarbi a pris la direction du Ballet du Capitole et a décidé de reprogrammer l’ouvrage. Je vais enfin pouvoir accoucher de cet « enfant » si longtemps attendu.
Rien n’a changé par rapport à mon concept d’origine si ce n’est que j’ai légèrement revu la bande musicale. La musique de Rameau me paraît idéale pour traduire le XVIIIe siècle français, c’est la raison pour laquelle je l’ai choisie. Quant à la musique « atmosphérique » de Walter Fähndrich, elle apporte un côté onirique à la pureté baroque de Rameau.


Propos recueillis par Carole Teulet

Informations

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