Liens d'évitement



27 novembre 2014
Concert de Noël


Comme chaque année désormais, le Chœur et la Maîtrise du Capitole nous convient à fêter la Nativité en musique, avec quelques-uns des « tubes » du répertoire de Noël : les grandes pages chorales du Messie de Haendel et quelques-uns des « Christmas Carols » les plus célèbres.



Alfonso Caiani, chef du Chœur et de la Maîtrise du Capitole

Le rendez-vous annuel pour les fêtes de Noël que vous proposez au public toulousain s’inscrit dans la tradition chorale qui entoure la Nativité. L’origine de cette tradition est-elle païenne, et donc relèverait du folklore, ou bien chrétienne et donc religieuse ?

Je pense personnellement au Noël religieux. C’est l’événement qui est devenu païen à la suite d’un environnement festif, les repas, les cadeaux, etc. Tous les textes que j’ai sélectionnés font référence à la Nativité. Ce concert s’inscrit donc très clairement dans une tradition catholique religieuse.

Bien que rejeté par une partie du public à sa création qui le trouvait trop profane, Le Messie de Haendel est devenu l’archétype de l’oratorio sacré. De quel côté le situez-vous ?

Il ne faut jamais perdre de vue que Haendel est avant tout un compositeur lyrique. Ses chefs-d’œuvres sont des opéras. Rinaldo, Orlando, Giulio Cesare sont des ouvrages exceptionnels qui démontrent un sens dramatique de tout premier ordre. Un musicien ne peut changer ses options profondes sur un claquement de doigts. Il en est de même avec Mozart. Quelle différence entendez-vous entre ses opéras et sa musique religieuse  ? La meilleure preuve en est certainement l’Agnus Dei de la Messe du Couronnement qui est exactement la même mélodie que celle chantée par La Comtesse au 3e acte des Noces de Figaro : « Dove sono i bei momenti ». Un musicien ne peut changer sa nature. Dans le Messie, les airs, encore plus que les choeurs, sont formidablement théâtraux. La puissance dramatique de ces airs est, pour l’époque, très innovante dans une vision religieuse. À mon sens, c’est pour cela que cette oeuvre est un chef d’oeuvre : elle bouscule la normalité, la tradition. Les choeurs sont un peu plus traditionnels.

Quels extraits avez-vous choisis et selon quelle logique ?

Nous sommes obligés de faire une sélection car l’oeuvre intégrale dure plus de trois heures. Nous en proposons donc des extraits. Ils sont issus plus particulièrement de la première partie de cet oratorio qui traite de la Nativité. Mais nous donnons aussi l’Alleluia et l’Amen final. L’autre critère de choix est l’enchaînement de tonalités. Cette oeuvre comme beaucoup d’autres est construite musicalement sur la théorie des tonalités. Il s’agit donc de respecter une suite logique dans les relations tonales des morceaux sélectionnés. J’ai donc essayé le plus possible de conjuguer la narration dramatique et la narration tonale dans ce raccourci du Messie afin de lui donner finalement un aspect musical global cohérent. Les choix de Haendel en la matière ne sont pas le fruit du hasard et ne pas en tenir compte relèverait de la trahison.

Dans ce programme vous incluez également des chants traditionnels d’Europe et d’ailleurs. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce qui a présidé à votre sélection ?

Il y a des chants de Noël issus de la tradition américaine hollywoodienne devenus des grands classiques. Mais la plupart trouvent leur source en Angleterre, en Allemagne et en France. J’ai aussi voulu garder une grande partie du programme des carols que l’on a donné l’an passé, à l’image des programmes du célèbre concert du Nouvel An de Vienne. Il est reconnu que l’on a beaucoup de plaisir à réentendre un même morceau à un moment précis. Pour nous, c’est la fête de Noël. Les mêmes mots et mélodies lors d’un instant donné, cela relève d’un concept liturgique. C’est pour cela que j’ai souhaité ce concert avant Noël, afin de participer à la préparation de cette fête. Et cette année encore, le public participera.


Propos recueillis par Robert Pénavayre

Informations

En raison du Marathon de Toulouse, ce dimanche 22 octobre, nous tenons à vous informer que l’accès au centre-ville et à la place du Capitole sera réduit.
> Plus d’informations.