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17 février 2016
Coppélia


Dernier grand ballet romantique pour les historiens de la danse, et archétype du ballet pantomime, Coppélia est créé à l’Opéra de Paris, le 25 mai 1870, sur une musique de Léo Delibes et une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon, d’après un conte fantastique d’E.T.A. Hoffmann, Der Sandmann (L’Homme au sable).



Un vieux savant fantasque, Coppélius, fabrique des automates et finit par tomber éperdument amoureux de l’une de ses créatures qu’il a baptisée Coppélia. Franz, un jeune villageois, qui l’aperçoit chaque jour à la fenêtre de la maison du vieux savant, n’est pas non plus insensible à la beauté de la jeune fille et finit par lui déclarer sa flamme. La chose n’est pas du tout du goût de sa fiancée Swanilda qui, avec ses amies, s’introduit chez Coppélius et découvre que Coppélia n’est autre qu’un automate. Elle décide alors de se substituer à la poupée et de jouer ainsi un bon tour à son amant et au vieux savant.
Depuis sa création en 1870 à l’Opéra de Paris (alors Opéra Le Peletier), Coppélia n’a jamais quitté l’affiche de la prestigieuse maison, preuve d’un succès toujours vivace. Outre cette version, ce ballet a connu de nombreuses relectures, plus ou moins iconoclastes, de l’oeuvre originale.
Charles Jude, actuel directeur du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux, a créé sa version pour sa compagnie en 1999. En mars 2016, elle entrera au répertoire du Ballet du Capitole. Soucieux de moderniser l’oeuvre, tout en conservant l’intrigue et la partition de Delibes, Charles Jude transpose sa Coppélia dans l’univers du cinéma américain d’après-guerre : « C’est l’âge d’or de la comédie musicale hollywoodienne et la légende de Marilyn Monroe qui m’ont inspiré cette Coppélia », confie-t-il. Chez lui, Franz devient Fonzy (petit clin d’oeil au personnage de la série culte américaine des années 70 Happy Days), Swanilda s’américanise en Swanie et Coppélia devient le sex-symbol du moment, l’incontournable Marilyn. Mais l’histoire reste inchangée.
Bien que ce ballet soit traité comme une comédie qui finit bien, encore que cela soit sans compter avec le désespoir de Coppélius qui voit son oeuvre réduite à néant par un couple d’amoureux insouciants et cruels, il utilise toujours, quelques trente-huit ans après l’émergence du prototype du ballet romantique (La Sylphide, 1832), les recettes dramaturgiques du romantisme : protagoniste masculin (Franz/Fonzy) écartelé entre réalité insatisfaisante (son amour pour sa fiancée Swanilda/Swanie) et idéal inaccessible (la belle inconnue de la maison de Coppélius) ; dépaysement géographique (dans la version originale, l’action se situe en Galicie, Pologne, et donne lieu à de nombreuses danses d’Europe centrale/dans la version de Charles Jude, l’exotisme est apporté par les danses américaines à la mode dans les années 50)… et présence du surnaturel. Ici, pas de créatures éthérées vaporisées de blanc, mais des automates directement issus du fantastique hoffmanien, pleins de cette « inquiétante étrangeté » qu’évoquait Sigmund Freud.

Carole Teulet





Photo ©Sigrid Colomyès

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