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17 février 2016
Coppélia


Portrait
Charles Jude, chorégraphe et directeur du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux

Directeur du Ballet de l’Opéra de Bordeaux depuis le 1er septembre 1996, Charles Jude fut, de 1977 à 1996, Danseur étoile du Ballet de l’Opéra national de Paris.
Sa danse, qui allie une fluidité féline au raffinement du style classique, le prédispose aux rôles de prince, dans les grands ballets du répertoire comme dans les versions de Rudolf Noureev, dont il est un fervent disciple. C’est d’ailleurs à ses côtés qu’il apprend son métier de danseur et de chorégraphe…
Charles Jude aborde aussi le répertoire des plus grands chorégraphes néoclassiques et contemporains comme George Balanchine, Jerome Robbins, Anthony Tudor, John Cranko, Maurice Béjart, Paul Taylor, Merce Cunningham, John Neumeier, Jiří Kylián, Glen Tetley, Carolyn Carlson, Louis Falco, José Limón…
Depuis sa nomination à la direction du Ballet de l’Opéra de Bordeaux, Charles Jude poursuit sa carrière d’interprète et se distingue dans la création chorégraphique à travers les relectures des célèbres ballets tels que Casse-Noisette, Giselle, Coppélia, La Belle au bois dormant, Le Lac des cygnes, Don Quichotte, Roméo et Juliette
Il a reçu le prix Nijinski ainsi que le prix Lifar. Il est Chevalier de la Légion d’honneur et Officier des Arts et des Lettres.


Entretien
Pourquoi avez-vous voulu proposer une énième version de Coppélia ? Et pourquoi la situer dans l’Amérique des années 50 ?
J’ai dansé de nombreuses versions de Coppélia au cours de ma carrière et j’ai voulu proposer une version qui soit plus au goût du jour, rajeunie, tout en conservant l’histoire du livret originel de Nuitter et Saint-Léon.
Je suis fanatique de comédies musicales américaines et j’ai eu envie de situer ma Coppélia dans l’Amérique des années 50. Dramaturgiquement parlant, j’ai trouvé que cela se tenait. Chez moi, Coppélia devient Marylin Monroe, Franz devient Fonzy et Swanilda, Swanie. J’ai emprunté le personnage de Fonzy à la série culte américaine des années 70, Happy Days. Mais, mon Fonzy à moi n’est pas l’archétype du « blouson noir », le « mauvais garçon » ; c’est un marin, en permission dans une ville d’escale, qui n’est pas sans rappeler Frank Sinatra et Gene Kelly dans Un Jour à New York de Stanley Donen ou encore Fancy Free de Jerome Robbins.
Coppélius, quant à lui, est une sorte de mafioso italien, à la Al Capone.
Rudolf Noureev, l’un de mes maîtres, était en admiration devant Fred Astaire. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai voulu lui rendre un hommage avec ma Coppélia mais ce ballet constitue le prolongement logique de ce que Noureev m’a appris en matière de composition d’un ballet. Il me disait toujours qu’il fallait utiliser toute la magie du plateau. Pour l’exacerber, cette magie, j’ai eu recours, au 2e acte, aux tours de prestidigitation du grand illusionniste Gérard Majax. Il était indispensable, pour moi, que ce 2e acte relève du fantastique. Tout y confère au retour à l’enfance.

Comment qualifieriez-vous le style chorégraphique de ce ballet ?
En fait, j’ai recours à plusieurs styles. La chorégraphie des protagonistes est classique, néoclassique alors que celle des autres personnages, les Américains des années 50, est plutôt jazzy et rappelle la façon de bouger des danseurs de comédies musicales américaines, de cette époque. Coppélius, par contre, bouge d’une façon très contemporaine.

Utilisez-vous exclusivement la partition de Léo Delibes ou faites-vous appel à d’autres musiques ?
Je n’utilise que la partition de Delibes et d’ailleurs, sa musique est tellement « dansante » que sur les czardas et autres mazurkas, j’ai même réussi à chorégraphier des danses rock.

Propos recueillis par Carole Teulet



photo © G. Hamalian Testud

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