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12 octobre 2015
Giselle



Giselle,
chef-d’œuvre du ballet romantique

C’est le 28 juin 1841, à l’Académie Royale de Musique de Paris que fut créé l’ouvrage qui allait être considéré comme l’apothéose du ballet romantique : Giselle d’Adolphe Adam. Certes, il avait été précédé neuf ans plus tôt de La Sylphide (1832), véritable prototype et archétype du genre. Mais, pour aussi réussie que soit La Sylphide, elle n’est en quelque sorte que l’esquisse indispensable à la réalisation du chef-d’oeuvre que sera Giselle. Non seulement, sa « trame dramatique est plus clairement structurée que celle de tout autre ballet classique » comme l’affirme Merce Cunningham, mais encore la relation entre la musique, la chorégraphie et l’action est parfaitement équilibrée, aucun de ces éléments ne dominant les autres.




Quelques uns des plus éminents personnages du temps prirent part à sa création  : Théophile Gautier, écrivain, critique d’art, chroniqueur de danse, et Jules- Henry Vernoy de Saint-Georges, alors célèbre dramaturge, unirent leurs talents pour en rédiger le livret d’après, excusez du peu, Heinrich Heine ; Adolphe Adam en composa la musique ; Jean Coralli, alors Premier maître de ballet de l’Opéra, et Jules Perrot en dessinèrent la chorégraphie ; Pierre Ciceri, le spécialiste des décorations romantiques à l’Opéra, en conçut les décors, les éclairages (au gaz) et les machineries et Paul Lormier, les costumes. Et n’oublions pas les deux artistes d’exception qui interprétèrent les rôles des deux protagonistes : Carlotta Grisi (Giselle) et Lucien Petipa (Loys/Albrecht).
L’ouvrage raconte l’histoire d’une jeune paysanne, Giselle, amoureuse d’un certain Loys qui, très vite, s’avère être un grand seigneur travesti en paysan, le duc Albrecht de Silésie. Ne supportant pas d’avoir été dupée, Giselle perd la raison et meurt au cours d’une poignante scène de folie. Elle renaît à l’acte II parmi les « Wilis », ombres blanches immatérielles qui, nuitamment, condamnent les mortels à danser jusqu’au trépas. Giselle n’a pas l’âme vengeresse et protège son bien–aimé, éploré sur sa tombe, en lui pardonnant son imposture dans un dernier adieu.
Personnages éternellement insatisfaits, héros poursuivant des chimères, amour plus fort que la mort, pléthore de créatures fantastiques, vaporisées de tissus arachnéens, donnant lieu au « ballet blanc » du deuxième acte, dualité marquée entre rêve et réalité, scène de la folie, couleur locale… : autant de thèmes qui vont être savamment traités dans Giselle, faisant de cette pièce, le chef d’oeuvre incontesté du ballet romantique et la plus haute expression dansée de ses idéaux.
Dans sa version, Kader Belarbi souhaite renforcer le dualisme entre monde terrestre et surnaturel. Il cherche, notamment, à accentuer la veine populaire des danses du monde paysan de l’acte I, en lui opposant la pointe qui envole les créatures éthérées, au deuxième acte.
Puisant aux sources musicales d’Adolphe Adam, en compagnie du chef d’orchestre Philippe Béran, Kader Belarbi s’empare de l’histoire de Giselle, afin de l’écrire avec ses propres mots, tout en respectant le chemin de la tradition.



Carole Teulet

Informations

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