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31 août 2015
LE PRISONNIER / LE CHÂTEAU DE BARBE-BLEUE


Du 2 au 11 octobre au Théâtre du Capitole


Trois questions à Tanja Ariane Baumgartner

mezzo-soprano



On vous connaît pour votre grande versatilité : récemment, on a en effet pu vous entendre à la fois dans des rôles romantiques et dans des créations contemporaines. De quelles musiques, de quels rôles vous sentez-vous la plus proche ?
Difficile à dire… Habituellement, l’oeuvre que je préfère est toujours celle sur laquelle je suis en train de travailler ! J’essaie de garder autant que faire se peut Verdi et la musique italienne à mon répertoire, ce qui me permet de garder ma voix dans un état de fonctionnement aussi belcantiste que possible, ce qui est essentiel, même pour chanter du Strauss ou du contemporain. Et puis, vous savez, j’ai une formation de violoniste ; je suis donc habituée à passer d’une époque à une autre, cela fait vraiment partie du métier.

Les rôles de La Mère du Prisonnier et de Judith du Château de Barbe-Bleue sont assez différents, en psychologies, mais aussi en vocalité.
Judith est un rôle merveilleux. Si l’on se replace dans le contexte de la création de l’oeuvre, on voit ce que cela suggère sur les enjeux de la relation hommes-femmes dans la société de l’époque, avec ses règles d’une rigidité de fer. Si l’on creuse le sillon psychologique de Judith, ou celui de toutes les épouses de Barbe- Bleue d’ailleurs, on peut se demander s’il ne convient pas de voir là l’expression incarnée de son subconscient, ses voix intérieures. Mais ce ne sont là que mes propres pistes de lectures, mes propres réflexions. Le rôle est d’une telle richesse, d’une telle complexité ! Et puis j’aime attendre aussi de voir ce que me propose le metteur en scène, sa vision du personnage, la compréhension qu’il en a. Il ne faut surtout pas arriver avec une vision trop déterminée pour laisser la place à cette interaction essentielle entre le metteur en scène et le chanteur.

La Mère du Prisonnier est parfois perçue elle aussi comme une émanation de la psychè de son fils incarcéré.
Oui, cette scène pourrait tout à fait être perçue comme un cauchemar du Prisonnier, c’est une option tout à fait défendable. Là encore, j’attends de voir le parti pris par Aurélien Bory.

Ces deux rôles sont parfois confiés à des sopranos, parfois à des mezzo-sopranos. Quel est votre sentiment ?
Les tessitures sont très tendues dans l’aigu, c’est un fait, mais il leur faut aussi une profondeur et une réelle projection dans le grave. Tout dépend des couleurs voulues, finalement. La musique de Dallapiccola, en outre, est très exigeante du point de vue rythmique ; finalement, le rôle de La Mère, quoique bref, est intense. Quant au rôle de Judith, il est d’une terrible complexité émotionnelle. Le défi est ici de garder la tête froide et de ne pas se laisser emporter par les émotions.


Propos recueillis par Jean-Jacques Groleau, juin 2014

Informations

En raison du Marathon de Toulouse, ce dimanche 22 octobre, nous tenons à vous informer que l’accès au centre-ville et à la place du Capitole sera réduit.
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