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30 novembre 2016
Concert de Noël

Le Choeur en fête

De Beethoven aux chants traditionnels de Noël

Après une première expérience en matière de musique liturgique avec Le Christ au Mont des Oliviers (1801), Beethoven se lance en 1807 dans une grande Messe en ut majeur, op. 86, qu’il compose à Eisenstadt chez Nicolas II, prince Esterházy, qui la lui commande à l’occasion de l’anniversaire de son épouse. Pourtant, cette Messe en ut fut l’occasion d’une brouille définitive entre le compositeur et le prince Esterházy, ce dernier ayant clairement fait comprendre au musicien qu’il n’avait pas apprécié son oeuvre. Beethoven, lui, s’en montra en revanche très satisfait, affirmant « avoir traité le texte comme rarement on l’a fait ». Lorsqu’il finit par la publier, en 1812, Beethoven décida de la dédier au Prince Ferdinant Kinský.
La création de la Messe en ut, à Eisenstadt, le 13 septembre 1807 (premier dimanche suivant la fête de la princesse Marie Hermenegild) reçut un accueil des plus froids, probablement en raison du manque de répétitions qui entraîna une exécution pour le moins chaotique de l’ouvrage. Mais il ne faut pas oublier que la musique de Joseph Haydn (qui avait composé six messes pour la fête de l’épouse du Prince, de 1796 à 1802) avait habitué les oreilles à certains codes musicaux extrêmement précis, que Beethoven – malgré son admiration pour le vieux maître – ne cherche pas à copier, bien au contraire. On peut aisément comprendre que le public ait été déstabilisé par ce qui passait alors pour une succession d’audaces. L’une d’entre elles, et non des moindres pour l’époque, était le fait que Beethoven, soucieux que son public comprenne le sens du texte, choisit de composer sur une traduction allemande du texte liturgique, et non sur l’original latin. Comme souvent, passé le premier temps de surprise et de découverte, le public comprit qu’il avait là un véritable chef-d’oeuvre, certes nouveau, mais destiné à poser les fondements d’une esthétique qui durerait jusqu’à Brahms et Reger, au tournant des XIXe et XXe siècles.
Et en deuxième partie de programme, comme de coutume désormais, le Choeur du Capitole nous invitera à parcourir quelques-uns des chants de Noël les plus célèbres et les plus populaires.
Que la fête commence !