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10 janvier 2017
L’Enlèvement au sérail


3 questions à
Hila Fahima, soprano (Blonde)

Hila Fahima, parlez-nous un peu de vous, de votre parcours et de ce qui vous a mené jusqu’au chant lyrique ?

Quand j’étais enfant j’ai toujours aimé la musique, elle me rendait très curieuse. À l’âge de 8 ans, j’ai rejoint un chœur d’enfants avec ma sœur aînée, qui aujourd’hui est une mezzo-soprano. Même si j’étais un peu timide, j’ai aimé chanter dès les premiers instants… Je me rappelle la première fois que j’ai vu Rigoletto à l’Opéra d’Israël, c’est à ce moment précis que j’ai su ce que je voulais faire. Je me revois assise à la maison en train d’écouter le disque de Maria Callas que je venais d’acheter, avant de découvrir tous les grands chanteurs du monde de l’opéra. Puis, j’ai commencé les cours de chant autant que les cours de théâtre. À 22 ans, j’ai obtenu le diplôme de la Rubin Académie de musique en Israël, puis j’ai rejoint le programme de jeunes artistes de l’Opéra de Tel-Aviv qui m’a permis de chanter le rôle-titre de la première mondiale d’Alice au pays des merveilles de David Sebba. J’ai ensuite intégré la troupe du Deutsche Oper de Berlin, et débuté en Reine de la nuit, et beaucoup d’autres rôles ont suivi. Puis j’ai rejoint la troupe du Staatsoper de Vienne où j’ai interprété les rôles de Gilda, Zerbinetta, Oscar, Servilia, etc. Depuis j’ai la chance de chanter dans de nombreux autres théâtres d’Europe.

À ce stade de votre carrière, que représente pour vous le fait de chanter Blonde dans L’Enlèvement au sérail ?

Je suis toujours très heureuse et excitée par la préparation de nouveaux rôles. C’est un moment toujours rafraîchissant et très stimulant. Blonde est un personnage merveilleux, elle a un esprit jeune et joyeux, qui éclaire totalement l’histoire. J’adore cet opéra, et chanter Mozart est autant un immense plaisir qu’un défi. Et puis, ce sont mes débuts au Théâtre du Capitole, c’est un moment excitant et je m’en réjoui.

Le rôle de vos rêves (et pourquoi) ?

Il serait difficile de n’en citer qu’un. Deux de mes rôles préférés (et que j’ai déjà chantés) sont Gilda (Rigoletto) et Zerbinetta (Ariane à Naxos). Gilda est une jeune femme naïve, en proie à son amour pour le Duc. Cette histoire tragique d’amour et de mort, accompagnée par la plus brillante musique de Verdi, me bouleverse à chaque fois que j’interprète ce rôle. Zerbinetta est l’un des rôles les plus difficiles techniquement pour une soprano colorature, et puis c’est une coquette, un personnage drôle, et c’est une matière merveilleuse quand on est en scène. Enfin, le rôle que je rêve encore de chanter est le rôle-titre de Lucia di Lammermoor, car j’aime tout particulièrement le répertoire italien du bel canto. Je suis très curieuse de découvrir le personnage de Lucia, dont l’amour entraine la folie. Cette scène de folie est vraiment un moment très fort à l’opéra.

Propos recueillis par Jonathan Parisi